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Témoignage de Robert

Pendant 60 ans j’ai gardé le silence sur l’inceste dont j’ai été victime. Tout ce temps j’ai côtoyé mon abuseur, ce frère de six ans mon aîné, en respectant la règle qui m’avait été inculquée : «un homme qui dénonce n’est pas un homme». J’ai donc fait un homme de moi, comme on disait.

J’ai fini par dévoiler mon secret à mes deux filles, qui m’ont ouvert les yeux. C’est alors que j’ai réalisé la charge négative de ce trop-plein d’émotions refoulées. Du jour au lendemain j’ai été envahi par la tristesse, la déprime, le goût de la vengeance. La colère sourde que j’avais réfrénée a fini par éclater et me dominer.

Impuissant à maitriser la situation, j’ai cherché de l’aide, en plus du soutien que m’apportaient ma femme et mes filles; CLSC, police, psy, etc. Chaque fois j’étais accueilli avec une grande bonté, avec générosité, mais j’avais l’impression que les choses n’allaient pas assez vite, que je ne m’en sortirais jamais. Je ne décolérais pas. Un jour quelqu’un m’a parlé de CPIVAS.

Dès ma première rencontre avec une intervenante, j’ai senti qu’il y avait de l’espoir, que je sortirais un jour du cauchemar que je vivais. On comprenait ce que je ressentais; encore plus, on me l’expliquait clairement, et avec le temps j’ai commencé à voir la lumière au bout du tunnel. Bien sûr, il en a fallu du temps, mais j’ai eu l’immense chance d’être traité avec patience, douceur, et avec un admirable professionnalisme.

Progressivement la colère a presque disparu avec tous les tourments qu’elle entraîne. Réconforté, j’ai goûté une nouvelle joie de vivre. Je n’ai pas pour autant échappé aux pénibles réactions de ma famille, comme cela se produit communément. Au bout de quelques années, avant que les choses empirent, j’ai encore frappé à la porte de CPIVAS, où j’ai eu une nouvelle chance, inestimable, d’être accompagné dans un cheminement qui m’a permis de trouver la solution qui s’imposait, à mon grand soulagement.

Merci CPIVAS!

Robert B.