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STATISTIQUES


De l’hypersexualisation à l’exploitation sexuelle : le dos large du consentement

consentement-cpivasS’il y a bien un sujet qui fait couler de l’encre ces temps-ci, c’est la violence sexuelle, sous toutes ces formes : de l’hypersexualisation à l’exploitation sexuelle (ou prostitution), en passant par les agressions sexuelles, la plupart non dénoncées. Sujets qui sèment la polémique, oscillant entre stupeur face à l’ampleur des phénomènes et banalisation, jusqu’au ressac antiféministe à l’endroit des femmes. 

La vague de dénonciation d’agressions sexuelles de l’automne 2014, notamment sur Twitter (#BeenRapeNeverReported, #AgressionNonDénoncée) a permis à de nombreuses femmes de briser le silence et a révélé l’ampleur de la violence sexuelle qui s’exerce toujours à l’encontre des femmes, de tous âges et de tous les milieux. Si cette parole a été bien accueillie dans un premier temps, voire saluée, elle a rapidement été censurée, voire blâmée lorsqu’elle s’est faite plus virulente, teintée de colère et d’exaspération. On a traité les femmes qui ont fait des dénonciations anonymes de féministes enragées et de féminazie. On a encore une fois opposée les femmes entre elles, celles qui savaient se tenir et guérir en silence de celles qui osaient pointer du  doigt les failles des politiques institutionnelles ou du système de justice. Car on le sait bien, nous disent les hommes, les institutions patriarcales (dont le système de justice fait partie) sont neutres, elles ne peuvent en aucun cas être partiales et entraver les droits des femmes… Pourtant, seulement 1 femme sur 10 dénonce la violence subie. Une femme sur 3 sera victime d’une agression sexuelle au cours de sa vie. Il serait temps de porter notre attention sur les violences invisibles qui se perpétuent ici plutôt que de craindre des pratiques inégalitaires venues d’ailleurs. Comme le dit Rima Elkouri (2015), les violences sexuelles sont notre niquab intérieur… que toutes les Québécoises sont susceptibles de porter.  

Les garçons subissent autant les effets de l’hypersexualisation que les filles…

  • L’hypersexualisation renforce les stéréotypes sexuels et sexistes, qui sont toujours au détriment des femmes, en plaçant celles-ci dans des rôles et des rapports inégalitaires (TCLCF, 2012); 
  • L’hypersexualisation est une matérialisation de la domination masculine qui tend à objectiver les femmes, à les infantiliser et à les inférioriser (TCLCF, 2012);
  • L’hypersexualisation renforce les hommes dans leur rôle de macho, de séducteur et de dominant (renforce donc la confiance) et les filles dans un rôle d’objet, décoratif ou sexuel, soumises au désir des hommes, les plaçant ainsi dans un rôle passif (TCLCF, 2012);
  • L’hypersexualisation et le manque de diversité liée à l’image corporelle peut entrainer de graves conséquences chez les filles : mine la confiance et l’estime soi, les troubles alimentaires, peut conduire au harcèlement et agressions sexuelles, etc. (TCLCF, 2012).

Il y a autant d’hommes qui sont victimes d’agressions sexuelles que les femmes, pourtant on n’en parle pas…

  • Les femmes sont surreprésentées dans les statistiques sur les infractions sexuelles. En 2013, elles représentaient 83 % des victimes, alors que les hommes correspondaient à 17 % des victimes. Nous pouvons remarquer que cette proportion est relativement constante au fil des dernières années (MSP, 2015).
  • En 2013, les deux tiers des victimes avaient moins de 18 ans et 78% étaient des filles (MSP, 2015). Cette tendance est assez constante au fil des ans.
  • De l’avis du Conseil du statut de la Femme, « la violence contre les femmes et les filles se situe au cœur même des inégalités entre les sexes en étant à la fois une de ses principales conséquences et un moteur qui contribue à les maintenir, les renforcer et les reproduire. Cette violence se perpétue notamment parce que, d’une certaine manière, elle est tolérée (CSF, 2015 : 7).
  • Le taux de victimisation des femmes augmentent avec l’interaction des différents systèmes d’oppressions (colonialisme, capacitisme, etc.) Par exemple : 
    •    75 % des jeunes filles autochtones âgées de moins de 18 ans ont été victimes d’agression sexuelle (MSP, 2006);
    •    40 % des femmes ayant un handicap physique vivront au moins une agression sexuelle au cours de leur vie (MSP, 2006); 
  • Pour l’année 2013, 97 % des auteurs d’infractions sexuelles étaient de sexe masculin. Le taux d’auteurs présumés demeure extrêmement faible dans la population féminine (Ministère de la sécurité publique, 2015);
  • Le harcèlement sexuel est très répandu (blagues, commentaires sexuels, attouchements, etc). Selon une récente étude de l’Université d’Ottawa, 69 % des étudaints.es ont vécu ce type d’abus. Les femmes étaient deux fois plus nombreuses à déclarer un ou plusieurs incidents de ce genre (Université Ottawa, 2015). Par exemple :
    •    Les deux tiers des femmes ont fait l’objet de blagues ou de commentaires sexuellement suggestifs (UOtawa, 2015) ;
    •    44 % ont déclaré avoir subi des attouchements, des étreintes ou des baisers indésirés, qui peuvent être considérés comme des agressions sexuelles en vertu du Code criminel du Canada (UOtawa, 2015); 
  • Au niveau des agressions sexuelles, 1 femme sur 3 et un homme sur 6 subira une forme ou l’autre d’agression sexuelle dans sa vie. Le 2/3 des victimes sont âgées de moins de 18 ans (MSP, 2006); 
  • Les hommes sont surtout à risque d’être victimes d’abus sexuel dans l’enfance (par d’autres hommes), tandis que pour les femmes, les risques de victimisation se prolongent à l’âge adulte (MSP, 2006);
  • Les hommes qui s’identifient comme gais, bisexuels ou en questionnement sont plus susceptibles de faire l’objet de harcèlement sexuel que ceux qui s’identifient comme hétérosexuels (université Ottawa, 2015).

… Il s’avère dès lors évident que le harcèlement et les abus sexuels participent de rapports de domination des hommes sur les femmes et des hommes entre eux comme contrainte à l’hétéronormativité.

Source : Ministère de la sécurité publique. 2013. INFRACTIONS SEXUELLES AU QUÉBEC FAITS SAILLANTS
Source : Mémoire
Rapport sur la mise en œuvre du Plan d’action gouvernemental 2008-2013 en matière d’agression sexuelle, CSF, 2015.

 

Si les femmes ne veulent pas de rapports sexuels, elles n’ont qu’à dire NON et prendre les mesures nécessaires pour ne pas se mettre en danger… 

  • C’est en 1999 (à peu près hier d’un point de vue historique et de la lente transformation des mentalités) la Cour suprême du Canada décide unanimement que le consentement à une activité sexuelle doit être volontaire et communiqué. Par conséquent, il ne peut exister de consentement implicite à une agression sexuelle (CSF, 2013 : 39). 
  • Le fait qu’une femme n’a pas dit non ou qu’elle n’a pas eu le pouvoir de dire NON, ne peut en aucun cas être considéré comme un OUI;
  • La majorité des gens manquent de connaissances sur le consentement sexuel. Voir article La Presse 2015. 
  • Il y a toutes sortes de situations qui font que les femmes ne peuvent dire NON : rapports de pouvoir, peur pour sa sécurité, chantage, facultés affaiblies, drogues, etc. On ne peut invoquer l’absence d’un Non pour justifier une agression; 
  • Le consentement n’est pas un Non, mais bien un OUI, clair, enthousiaste et informé (Comité bien-être collectif, 2014);
  • Il ne s’agit donc pas de refuser un acte sexuel (dire NON), mais bien d’accepter, sans contrainte de tout ordre, un acte sexuel égalitaire ;
  • Ce n’est pas aux femmes de porter le fardeau de la responsabilité d’une agression. C’est à ceux qui la commentent qu’en revient la responsabilité et le délit; 
  • En ce sens, les recommandations (paternalistes) faites aux femmes par les corps policiers (ne sortez pas le soir, évitez les endroits sombres, ne prenez pas un taxi seule si vous êtes en état d’ébriété) et les gadgets qui visent à éviter aux femmes de subir une agression (vernis à ongle qui change de couleur au contact d’une boisson contenant la drogue du viol par exemple) font porter uniquement aux femmes la responsabilité de leur sécurité et de leur intégrité; 
  • Jeter le blâme sur la victime, parce qu’on la croit imprudente ou pour toute autre raison, contribue à déresponsabiliser les agresseurs de leurs gestes, détourner l’attention des carences en matière de sécurité et à entretenir l’idée que les victimes sont « violables » parce qu’elles ont couru après (Lussier, 2014)
  • Par ailleurs, ce n’est pas en évitant certains endroits ou en restreignant leurs sorties qu’il y aura moins d’abus sexuels car :
    •    Dans la majorité des cas, les infractions sexuelles sont commises dans une résidence privée (MSP, 2006 ; 2015).
    •    La victime des agressions connait très souvent l’agresseur. Par exemple, en 2013,  86 % des victimes mineures et 68 % des victimes adultes connaissaient connaissent l’auteur présumé (MSP, 2015).
    •    1 femme sur 7 a été agressée sexuellement au moins une fois par son conjoint (MSP, 2006);
  • Il ne s’agit donc pas d’apprendre aux femmes à se protéger ou à éviter les abus sexuels, mais bien aux hommes à ne pas être des agresseurs. 

… La seule cause des agressions sexuelles est l’agresseur. Les agressions sexuelles sont injustifiables.

Source : La Presse 2015. 
http://www.lapresse.ca/vivre/sexualite/201505/05/01-4867104-la-majorite-des-canadiens-manquent-de-connaissances-sur-le-consentement-sexuel.php

 

La culture du viol est une invention des féministes pour qui un simple regard admiratif constitue du harcèlement sexuel. Le nombre de cas d’agressions sexuelles sont exagérés, la plupart constituent de fausses accusations…

  • Ce n’est qu’en 1992 que des amendements au Code criminel introduisent des règles concernant la référence au comportement sexuel antérieur de la plaignante et définissent la notion de consentement à une activité sexuelle afin d’assurer un traitement plus équitable (!) aux victimes d’agression sexuelle (CSF, 2013 : 38). C’est dire comment les victimes étaient considérées et comment leur passé et leur comportement étaient analysé. Même si la Loi a changée, ces préjugés persistent en défaveur des victimes;
  • C’est ce qu’on appelle la culture du viol :
    •    Le contexte de tolérance aux agressions sexuelles dites mineures (elle n’a même pas été violée) et la tendance à rendre les femmes responsables des agressions qu’elles subissent;
    •    On pense que les victimes ou couru après, qu’elles sont responsables de leur agression (vêtements sexy, attitude ou comportement supposé aguicheur/provoquant ou facultés affaiblies);
    •    On doute des victimes, on les culpabilise, on banalise la situation, on en minimise les impacts sur leur vie; 
    •    Plus du quart des étudiants (26 %) ayant participé à l’étude sur le harcèlement sexuel de l’Université d’Ottawa n’ont pas sursauté devant l’énoncé « Les femmes qui se placent dans des situations à risque sont en partie responsables si elles se font violer ». Ça fait beaucoup de monde qui dit ouvertement : « Bof ! Elle l’a un peu cherché… ». Sans compter tous ceux qui le pensent, mais n’osent pas le dire (Elkouri, 2015).
    •    On pense considère trop souvent que les accusations visent à nuire ou à se venger des hommes plutôt qu’être le fait de réelles agressions;
    •    on accorde plus d’importance à la réputation d’un présumé agresseur qu’au préjudice qu’a pu subir une potentielle victime;
  • Ces mythes laissent les survivantes d’agression avec un sentiment de honte et de culpabilité qui les empêchent souvent de briser le silence; 
  • Près de 90 % des agressions sexuelles ne sont pas déclarées à la police (MSP, 2006);
  • Sur les 10 % des femmes qui portent plainte, seules 3 % se rendent au procès, et les résultats sont loin d’être satisfaisants (Les Hystériques, 2015);
  • Le système de justice ne semble donc pas répondre pas aux besoins des victimes, qui n’ont que l’option de porter plainte au criminel. Il s’agit de procédures lourdes, longues et laborieuses qui n’assurent pas nécessairement un traitement réparateur pour les survivantes;
  • Plusieurs gestes de harcèlement sexuels ne sont pas de nature criminel, dont le harcèlement en ligne. Il y a donc peu de moyens à la disposition des victimes pour faire entendre leur voix et obtenir réparation. 
  • Les fausses allégations ne représentent qu’entre 2% et 4 % des plaintes, soit la même proportion que pour l’ensemble des crimes de toute nature (Elkouri, 2015) ;

Les femmes qui exercent la prostitution le font par choix et s’en sortent bien ($$$)…

  • La majorité des personnes prostituées seraient aujourd’hui aux mains des réseaux de traite des êtres humains (CSF, 2012 ). La traite humaine ne peut en aucun cas constituer un choix consenti; 
  • Ce sont les femmes les plus vulnérables qui sont les plus susceptibles d’être victime de traite ou d’exploitation sexuelle (femmes qui arrivent ici pour devenir aides domestiques et qui sont finalement emmenées dans des réseaux de prostitution, femmes très jeunes, peu scolarisées, victimes d’abus);
  • Au Canada, les femmes représentent de 70% à 80% des personnes qui se prostituent (CSF, 2012);
  • L'âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14-15 ans. Plus de 80% des personnes recrutées sont mineures (CSF, 2012). Peut-on parler de choix éclairé?
  • Selon une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT), menée en 2006, les profits de la traite des personnes représentent annuellement autour de 31,6 milliards de dollars et les victimes d’exploitation sexuelle rapportent autour de 27,8 milliards de dollars (CSF, 2012);
  • Les groupes du crime organisé sont les premiers bénéficiaires du commerce de la prostitution et ils s’en servent pour le blanchiment d’argent (CSF, 2012). Il s’agit donc d’un marché très lucratif, mais pas pour les principales concernées ; 
  • Les femmes dans la prostitution évoquent bien d’autres choses que le plaisir pour expliquer les raisons qui de leur entrée dans l’industrie du sexe (CLÉS, 2014):
    •    Pour 41,2% d’entre elles, ce serait à cause du manque de moyens financiers; 
    •    14,4 %, auraient été recrutées par des personnes impliquées dans l’industrie du sexe et les auraient été incitées à entreprendre des activités présentées comme faciles et lucratives ;
    •    18,6 %, seraient entrées dans l’industrie du sexe pour financer leur consommation de stupéfiants;
    •    11,3 %, évoquent des contraintes physiques et psychologiques comme motif d’entrée dans l’industrie du sexe. Ces contraintes peuvent avoir été exercées par des gangs criminalisés, des amis.es et des conjoints et, pour une minorité, par des membres de leur famille qui les ont prostituées pour leur propre bénéfice financier;
    •    Seulement 5,2%, disent avoir entrepris des activités dans l’industrie du sexe par intérêt ou curiosité.
  • Parmi les femmes dans l’industrie du sexe:
    •    63% des participantes relatent le besoin de se protéger contre différentes formes de violence : protection contre les menaces et les agissements des clients, des proxénètes, etc. (CLÉS, 2014); 
    •    85 à 90 % des femmes prostituées et bon nombre de danseuses auraient un proxénète (CLÉS, 2014);
  • 80,9 % des femmes dans l’industrie du sexe souhaitent la quitter. Parmi celles qui ont quitté, seulement 35,6 % d’entre elles ont pu quitter l’industrie à leur première tentative (CLÉS, 2014), d’où la nécessité de ressources adéquates et de soutien pour ces femmes;
  • Le taux de mortalité des femmes dans la prostitution est de 40 fois supérieur à la moyenne nationale des femmes (CSF, 2012). 

… Enviable le sort des femmes dans l’industrie du sexe?!!

L’exploitation sexuelle des femmes doit être envisagée globalement. De l’hypersexualisation à la prostitution, tous ces mécanismes d’objectivation du  corps des femmes participent au maintien et à la reproduction de la domination des hommes sur les femmes. 

Il importe de lutter contre les systèmes d’oppression à l’œuvre dans la reproduction des inégalités hommes/femmes, tel le patriarcat, le capitalisme, le racisme et le colonialisme. 

Il est aussi impératif d’écouter la parole des survivantes, quel que soit les abus subis et d’instaurer des politiques et des ressources spécifiques et suffisantes qui permettrons de répondre à leurs besoins, dans un processus de réparation et de guérison. 

Enfin,  il s’avère essentiel de lutter contre :

  • la pauvreté afin que l’industrie du sexe ne soit plus une solution de dernier recours;
  • les stéréotypes sexuels et sexistes afin que les femmes ne soient plus assujettis aux désirs des hommes et que ceux-ci ne voient plus leurs désirs comme des besoins incontrôlables à combler…

L’égalité ne peut se vivre que dans des rapports à l’autre consentis, respectueux, libres et teintés de réciprocité. Ce que l’exploitation sexuelle n’est pas!


​Extrait de 3.4 La garde des enfants

​Plusieurs hommes sont victimes de fausses accusations ou d’aliénation parentale de la part de leur ex-conjointe dans le but de les empêcher d’obtenir la garde de leurs enfants… 

  • Dans la décision liée à la garde des enfants, les intérêts de l’enfant doivent prédominer et non les droits des pères (ou des parents) comme le préconisent certains groupes de pères;
  • Les cas de violence conjugale sont trop souvent traités séparément des dossiers de garde des enfants, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques pour les femmes et les enfants… 
  • Pour les hommes reconnus coupables de violence conjugale, la garde partagée peut représenter une façon de garder une mainmise sur leur ex-conjointe ;
  • Les allégations d’agressions sexuelles sur les enfants doivent être prises au sérieux dans le traitement de la garde des enfants (Lapierre, 2014);
  • L’aliénation parentale, qui se caractérise par le dénigrement injustifié d’un des parents par l’enfant, ce qui peut provoquer le rejet du parent. Si ce comportement est encouragé par l’autre parent, c’est alors qu’on peut le qualifier d’aliénant.
  • Les allégations d’aliénations parentales[1] , faites souvent par les pères à l’encontre des mères, peuvent contribuer à masquer de réelles situations d’abus (Lapierre et Côté, 2014); 
  • On ne doit pas s’étonner qu’il y ait plus de signalement d’abus à l’encontre d’un des parents lors de séparation. Par exemple, les femmes qui découvrent que leur conjoint a commis un abus sexuel sur leur enfant vont souvent prendre la décision de quitter leur conjoint - et c'est ce qui est généralement attendu d'elles  (Lapierre et Côté, 2014);
  • Les femmes et les enfants sont plus susceptibles de dénoncer la violence lorsqu'ils ne vivent plus avec l'agresseur, notamment parce qu'ils se sentent davantage en sécurité  (Lapierre et Côté, 2014);
  • Ainsi, la séparation ne devrait pas être perçue comme un contexte propice pour les fausses allégations, mais plutôt comme un moment propice pour le dévoilement de situations d'abus et de violence  (Lapierre et Côté, 2014) ;
  • Cet engouement démesuré pour la question de l'aliénation parentale risque de contribuer à l'occultation de l'abus et de la violence à l'endroit des femmes et de leurs enfants et au blâme des mères plutôt que d’assurer leur sécurité et leur bien-être (Lapierre et Côté, 2014).

[1]  L’aliénation parentale se caractérise par le dénigrement injustifié d’un des parents par l’enfant, ce qui peut provoquer le rejet du parent (aliéné). Si ce comportement est encouragé par l’autre parent, c’est alors qu’on peut le qualifier d’aliénant.


Si elles sont victimes, elles n’ont qu’à porter plainte ! (Ben oui ! Facile !!??)

Bien que plusieurs statistiques nous indiquent que les filles et les femmes demeurent les plus touchées par les infractions à caractère sexuel, il s’avère aujourd’hui, extrêmement difficile de mesurer l’ampleur des violences exercées contre elles. De fait, bien que l’agression sexuelle soit reconnue comme criminelle, elle n’est que très rarement portée à l’attention de la police (Sinha, 2013) voire jamais dévoilée aux autorités (Collin-Vézina, De la Sablonnière-Griffin et Palmer, 2013).

Même si la principale source de données demeure issue des corps policiers, en 2013, sur l’ensemble des dossiers d’infractions d’ordre sexuel, seulement 59 % ont mené à une mise en accusation. Bien souvent, les dossiers sont classés sans mise en accusation (41 % des cas en 2013). Il s’agit la plupart du temps, (28, % des cas, en 2013) d’un refus de la victime de porter une accusation (MSP, 2015).

Pourquoi refusent-elles ?

Les victiment gardent le silence pour plusieurs raisons !

  • Bon nombre de victimes gardent le silence, et ce, pour différentes raisons. Dans certains cas, elles envisagent les répercussions qu’un dévoilement pourrait avoir dans leur vie et celle de leurs proches (Goodman-Brown et coll., 2003 dans Collin-Vézina, De la Sablonnière-Griffin et Palmer, 2013) ou elles craignent  leur agresseur, qu’elles connaissent dans la majorité des cas (Sinha, 2013) ;
  • Pour d’autres victimes, la peur de ne pas être crues, la honte, la culpabilité (Direction générale de la Condition féminine de l’Ontario dans CSF, 2015)  et le sentiment d’être responsables de l’agression (Goodman-Brown et coll., 2003 dans Collin-Vézina, De la Sablonnière-Griffin et Palmer, 2013) les incitent à ne pas dénoncer leur agresseur.
  • D’autres, croient que les autorités policières ne peuvent pas les aider et elles manquent de confiance dans l’efficacité du système judiciaire (Gouvernement du Québec, 2001, p. 50). 
  • « Aussi, un grand nombre de victimes (58 %) pensent que ce qu’elles ont vécu n’est pas assez grave pour être dénoncé aux autorités (Brennan et Taylor-Butts, 2008, p. 8). Enfin, les recherches indiquent que plusieurs victimes (49 %) ne dénoncent pas leur agression, car elles continuent de croire que c’est une affaire d’ordre personnel qui relève de leur vie privée (Sable et al., 2006; Felson et Paré, 2005 dans Brennan et Taylors-Butts, 2008, p. 8 ). » (CSF, 2015 : 14)

Tout cela amène freinent les filles et les femmes dans leurs tentatives d’accéder à leurs droits et libertés au même titre que les hommes (CSF, 2015). 

Statistiques 

Des statistiques relevées dans les Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle [iv] démontrent que :

  • 1 fille sur 3 serait victime d’agression sexuelle avant d’atteindre l’âge de 18 ans. 
  • 1 garçon sur 6 serait victime d’agression sexuelle avant d’atteindre l’âge de 18 ans. 
  • 1 Québécoise sur 3 a vécu au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans.  
  • 90% des cas d’agression ne sont pas signalés à la police. 

Par ailleurs, selon le Ministère de la sécurité publique  :

  • 83% des victimes sont de sexe féminin.  
  • 97% des agresseurs sont de sexe masculin. 
  • Les 2/3 des victimes sont mineures : 78% d’entre elles sont des filles et 22% sont des garçons.  
  • 68% des victimes adultes et 86% des victimes de moins de 18 ans connaissent leur agresseur. 
  • 2 fois sur 3, les infractions sexuelles sont commises dans une résidence privée.  
  • 20% des victimes adultes ont été agressées par un conjoint ou par un ex-conjoint.  

 

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