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MYTHES ET PRÉJUGÉS


​Concernant les victimes

aide abus sexuel

​L’agression sexuelle est parfois provoquée par la victime. 

FAUX. Bien que cette croyance soit largement répandue, en aucun cas une victime n’est responsable de l’agression. Peu importe son habillement, sa consommation de drogue ou d’alcool, son comportement, son attitude ou le lieu où elle se trouve, une personne a toujours le droit de ne pas consentir à une activité sexuelle. C’est uniquement la personne qui ne respecte pas ce non-consentement qui est coupable et responsable, soit l’agresseur. 

« As-tu vu comment elle était habillée ? Elle l’a un peu cherché ! », « Elle n’aurait jamais dû marcher seule si tard le soir »,  «Elle n’arrêtait pas de jouer à la séductrice avec lui, elle devait s’attendre à ce qu’il ait des attentes et s’impatiente » : Ce ne sont que quelques exemples des propos culpabilisants que l’on entend trop souvent au sein de la société. De telles affirmations font porter aux victimes un lourd fardeau qui ne leur appartient aucunement, tandis qu’elles déresponsabilisent l’agresseur.  

Si une victime ne dit pas clairement « non », cela signifie qu’elle est consentante. 

FAUX. L’absence d’un «non» n’équivaut pas à un «oui». Le Code criminel canadien stipule que, pour qu’il y ait consentement, la personne doit manifester son accord par des paroles ou des gestes. En ce sens, «L'absence de résistance n'équivaut pas à un consentement» . De plus, le consentement est un accord qui se doit d’être volontaire, libre et éclairé. Or, dans plusieurs cas d’agression sexuelle, la victime peut être contrainte par la peur de subir des représailles, de briser la famille, de subir de la violence physique, de mourir, etc. Une victime peut également se trouver dans un contexte qui l’empêche de consentir. En effet : 

«Une personne ne peut donner son consentement si elle est incapable de le formuler (incapacité physique ou intellectuelle, intoxication) ou si l’une des personnes est en position d’autorité, a recours à des menaces, à la force ou à une fraude pour l’obtenir. Le consentement n’est pas valable s’il est donné par une personne âgée de moins de 16 ans ou en situation de dépendance»* [vii]. 

Dans un tel contexte, même un «oui» n’est pas synonyme de consentement

*Au Canada, l’âge de consentement sexuel est de 16 ans. Il passe à 18 ans si la personne se trouve dans un contexte d’exploitation sexuelle. S’il est impossible de consentir à une activité sexuelle en bas de l’âge de 12 ans, la loi prévoit certaines exceptions pour les jeunes de 12 à 15 ans. 

Si la victime a eu des sensations physiques plaisantes durant l’agression, cela signifie qu’elle a aimé ça. 

FAUX. Le fait de ressentir des sensations physiques agréables (pouvant aller jusqu’à l’orgasme) ne veut aucunement dire que la victime était consentante ou qu’elle a apprécié ce qui lui est arrivé. Lorsque le corps est stimulé, il est entièrement normal qu’une réaction soit déclenchée, qu’elle soit désirée ou non. Il s’agit d’un mécanisme purement physiologique : stimulation = réaction. Ainsi, la tête peut crier « non », détester ce qui est en train de se produire, tandis que le corps réagit malgré tout. Ceci peut créer un grand sentiment de culpabilité et de confusion chez les victimes qui comprennent difficilement ce qui leur arrive.  

Un garçon victime d’une agression sexuelle commise par un homme deviendra homosexuel. 

FAUX. L’orientation sexuelle n’est pas déterminée par le fait d’avoir vécu une agression sexuelle. L’agression engendre par contre très fréquemment une confusion à ce niveau. En effet, plusieurs garçons croient, à tort, «qu’ils ont quelque chose en eux qui attire les hommes et qu’ils doivent donc être homosexuels ou efféminés»[ii]. D’autres croient être homosexuels puisque leur corps a réagi durant l’agression (voir les explications du mythe #3). 

Certains types de personnes ne se feront jamais agresser. 

FAUX. Toute personne peut être victime d’une agression sexuelle, peu importe son âge, son sexe, son origine ethnique, sa classe sociale, son appartenance religieuse ou son orientation sexuelle[iv]. Certains groupes de personnes sont par contre plus à risque, comme les femmes et les enfants, les personnes handicapées, les travailleuses du sexe, les femmes itinérantes et les femmes autochtonesiv. 

Les victimes détestent toujours leur agresseur. 

FAUX. Il est important de se rappeler que la majorité des agressions sont commises par une personne connue de la victime. Dans un tel contexte, il est fréquent que la victime développe un sentiment d’ambivalence envers son agresseur. Elle peut ressentir de l’amour et de l’attachement envers lui et, simultanément, ressentir de la colère, de la haine ainsi qu’un fort sentiment de trahison. À titre d’exemple, une personne ayant vécu de l’inceste de la part de son père peut le détester pour ce qu’il lui a fait subir, tout en ressentant de l’amour à son égard. Les victimes se culpabilisent souvent de se sentir ainsi et ont de la difficulté à comprendre leur sentiment d’ambivalence. 

Très peu d’hommes sont victimes d’agression sexuelle.  

FAUX. Ce mythe est présent au sein de la société, notamment puisque nous n’entendons pas souvent parler des agressions sexuelles à l’égard des hommes et des garçons. Ceux-ci gardent fréquemment le silence puisqu’ils ont honte de leur vécu et ont peur d’être jugés. Or, cela ne signifie aucunement que le phénomène est rare. Au contraire, les statistiques démontrent qu’un garçon sur six serait victime d’une agression sexuelle avant d’avoir 18 ans[iv]. 

Les femmes mentent souvent lorsqu’elles dénoncent une agression sexuelle. 

FAUX. Le pourcentage de fausses allégations en agression sexuelle (2%) n’est pas plus élevé que pour les autres crimes violents . Il y a d’ailleurs une sous-dénonciation du phénomène. En effet, dans 90% des cas, les agressions ne sont pas signalées à la police[iv]. 

Il est impossible d’être agressé par son conjoint ou par sa conjointe. 

FAUX. Toute personne demeure libre de ne pas consentir à une activité sexuelle, peu importe les circonstances ou le lien existant entre les personnes concernées. En effet, dans tous les cas,  la définition de l’agression sexuelle reste la même : un geste à caractère sexuel imposé à une personne non-consentante ou n’étant pas en mesure de donner son consentement. En ce sens, selon l’article 278 du Code criminel, les relations sexuelles entre conjoints doivent être consensuelles en tout tempsvii. Cette disposition légale n’est par contre en vigueur que depuis 1983 . Auparavant, l’exception maritale faisait en sorte qu’il n’était pas possible d’agresser sexuellement sa conjointe[vii].

Concernant les agresseurs

Les agresseurs sexuels passent à l’acte parce qu’ils sont incapables de contrôler leurs pulsions sexuelles. ​

FAUX. Bien que les agresseurs utilisent souvent cette excuse pour tenter de se déculpabiliser et de justifier leurs actions, toute personne, homme ou femme, est capable de contrôler ses pulsions sexuelles. L’agression sexuelle n’est pas une perte de contrôle, mais bien une prise de contrôle sur l’autre par la sexualité. Il s’agit d’un geste de violence et de domination, généralement prémédité. 

L’agresseur est habituellement inconnu de la victime.

FAUX. 68% des victimes adultes et 86% des victimes de moins de 18 ans connaissent leur agresseur . Ce dernier utilise généralement son lien de confiance avec la victime afin de poser des gestes d’agression sexuelle. 

Les agresseurs sexuels ont généralement des problèmes de santé mentale.  

FAUX. La très grande majorité des agressions sexuelles sont commises par des hommes n’ayant aucun problème de santé mentale. En effet, «Seulement 3% des agresseurs souffrent de maladie mentale, soit la même proportion que dans la population générale» . Or, plusieurs d’entre eux tenteront de se déculpabiliser et se déresponsabiliser en utilisant cette excuse. 

Ressources d’aide 

Pour connaitre les ressources pouvant vous venir en aide dans l’ensemble du Québec ou  pour de plus amples informations sur les agressions sexuelles, vous pouvez vous référer au site du gouvernement du Québec  www.AgressionsSexuelles.gouv.qc.ca


  [vii]Institut national de santé publique du Québec. Trousse média sur les agressions sexuelles : Cadre légal. [En ligne] https://www.inspq.qc.ca/agression-sexuelle/loi/cadre-legal,
 [viii] Ministère de la Justice, gouvernement du Canada. L'âge de consentement aux activités sexuelles,  [En ligne] <http://www.justice.gc.ca/fra/pr-rp/autre-other/clp/faq.html>