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L'AGRESSION SEXUELLE


Définition¹

Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel non désiré et imposé, avec ou sans contact physique. La victime y est contrainte par un abus de pouvoir, la manipulation, la menace, le chantage, la force, l’intimidation ou toute autre forme de violence psychologique, verbale ou physique. Il s’agit avant tout d’un acte de violence, de domination, d’une prise de pouvoir sur l’autre par la sexualité, qu’il y ait eu utilisation de violence physique ou non. Dans tous les cas, la victime n’est pas consentante ou elle n’est pas en mesure de donner son consentement, par exemple, en raison de son bas âge*. L’agression sexuelle, peu importe le contexte, est un acte criminel portant atteinte aux droits fondamentaux de la victime (sécurité, intégrité psychologique et physique). 

agression sexuelle-cpivasElle peut prendre plusieurs formes, dont les baisers à caractère sexuel, les attouchements, la masturbation, la pénétration, les contacts oraux-génitaux, le harcèlement sexuel, l’exhibitionnisme, le frotteurisme et le voyeurisme . Toute personne peut en être victime, peu importe son âge, son sexe, son origine ethnique, sa classe sociale, son appartenance religieuse ou son orientation sexuelle. La personne qui pose des gestes d’agression (homme ou femme), pour sa part, peut être un membre de la famille, un ami, un conjoint, un professionnel, un employeur, un collègue, une connaissance, un inconnu, etc. 

* Au Canada, l’âge de consentement sexuel est de 16 ans. Il passe à 18 ans si la personne se trouve dans un contexte d’exploitation sexuelle. S’il est impossible de consentir à une activité sexuelle en bas de l’âge de 12 ans, la loi prévoit certaines exceptions pour les jeunes de 12 à 15 ans. 

Une problématique sociale 

L’agression sexuelle est une problématique sociale qui nous concerne tous. 

Loin d’affecter uniquement la personne qui en est victime, elle aura également des répercussions sur plusieurs personnes de son entourage. Pensons aux conjoints, amis et parents qui tentent de supporter du mieux qu’ils le peuvent la victime, tout en devant composer avec leur propre gamme d’émotions et de réactions. Le système familial en entier d’une victime peut d’ailleurs traverser une crise majeure, notamment dans les cas d’inceste. Le nombre d’individus touchés par l’agression sexuelle est donc substantiel, considérant qu’une fille sur trois et qu’un garçon sur six en sont victimes avant d’atteindre l’âge de la majorité.[iv]

Par ailleurs, bien que tout individu puisse être victime d’une agression sexuelle, les femmes et les enfants sont de loin les plus touchés, tandis que les agresseurs sont des hommes dans 97% des cas. [iv] Devant un tel constat, nous comprenons que l’agression sexuelle s’inscrit à l’intérieur des rapports inégaux entre les sexes présents au sein de la société et qu’elle fait partie intégrante de la problématique plus large de la violence faite aux femmes. Les attitudes, croyances et valeurs sexistes, découlant notamment de la socialisation sexuelle, contribuent ainsi au maintien des agressions sexuelles au sein de la société. 

D’autre part, un nombre important de mythes et de préjugés entourent les agressions sexuelles dans l’univers collectif. La présence de ces fausses croyances fait malheureusement souvent obstacle au dévoilement des victimes, tout en intensifiant plusieurs conséquences que l’agression a eues dans leur vie. Pensons, par exemple, au fait que la victime est souvent blâmée pour l’agression : « c’est triste, mais as-tu vu comment elle était habillée ? Elle l’a un peu cherché. ». En plus qu’il soit très difficile de dénoncer ou d’aller chercher de l’aide dans un tel contexte, le fardeau que portent les victimes face à de telles croyances est énorme. En ce sens, par les mythes et préjugés qu’elle entretient, la collectivité a un impact majeur sur la façon et la facilité avec laquelle les victimes pourront se relever de leur traumatisme. Ceci est sans compter que, pendant que nous renvoyons le blâme aux victimes, nous ne nous attaquons pas à la réelle cause des agressions sexuelles. Nous déresponsabilisons plutôt les agresseurs, ce qui a pour effet de contribuer, encore une fois, au maintien de la problématique. 

Conséquences

Le fait de vivre une agression sexuelle peut engendrer plusieurs conséquences dans la vie d’une personne. Ces dernières peuvent survenir immédiatement après une agression ou des années plus tard. Elles peuvent différer d’une personne à l’autre, mais sont généralement influencées par l’âge de la victime lors de l’événement, son histoire et ses ressources personnelles, sa relation avec l’agresseur, la durée et la fréquence de l’agression sexuelle, la nature des gestes posés, le contexte (menaces, violence, etc.), ainsi que les réactions de l’entourage.  

Suite à une agression sexuelle, une victime pourrait avoir : 

Des réactions physiques

  • Hyperactivité ou manque d’énergie 
  • Sursauts, tremblements 
  • Crises de panique, palpitations 
  • Douleurs physiques, somatisations diverses 
  • Tensions musculaires
  • Trouble du sommeil 
  • Trouble de l’alimentation (anorexie, boulimie, …)  
  • Infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS)
  • Blessures 
  • Grossesse non-désirée

Des réactions psychologiques 

  • Reviviscences (images intrusives, cauchemars, pensées envahissantes)
  • Hypervigilance, insécurité
  • Perception négative de soi et du monde extérieur
  • Idées suicidaires
  • Difficultés à prendre des décisions
  • Difficultés d’attention et manque de concentration
  • Perte de mémoire, déni
  • Dissociation

 

Des réactions émotionnelles

  • ​Sentiment de honte et de culpabilité  
  • Impuissance 
  • Peur
  • Sentiments de fragilité et de vulnérabilité constants
  • Tristesse 
  • Irritabilité, colère, désir de vengeance 
  • Baisse d’estime de soi 
  • Difficulté à se sentir en sécurité chez soi ou à l’extérieur
  • Perte de joie de vivre, sentiment de vide intérieur
  • Perte de confiance en la vie et en autrui

 

abus sexuel-cpivasDes réactions comportementales

  • ​Automutilation
  • Isolement
  • Difficultés d’affirmation
  • Consommation (alcool, drogues, médicaments)
  • Problèmes relationnels (intimité, sexualité, communication) 
  • Tentatives de suicide
  • Évitement des émotions
  • Évitement (endroits, individus ou situations rappelant l’agression)
  • Comportements agressifs, impulsivité
  • Plus grande vulnérabilité à la revictimisation

Des problèmes de santé mentale

  • Trouble de stress post-traumatique
  • Trouble de personnalité limite
  • Dépression
  • État psychotique

Ressources d’aide 

​Pour connaitre les ressources pouvant vous venir en aide dans l’ensemble du Québec ou  pour de plus amples informations sur les agressions sexuelles, vous pouvez vous référer au site du gouvernement du Québec  www.AgressionsSexuelles.gouv.qc.ca


 

[i]Définition grandement inspirée de : Gouvernement du Québec. Orientation gouvernementales en matière d’agression sexuelle, Québec. 2001.
[ii] Table de concertation sur les agressions à caractère sexuel de Montréal. Guide d’information à l’intention des victimes d’agression sexuelle. 2007.
[iii]  Ministère de la Justice, gouvernement du Canada. L'âge de consentement aux activités sexuelles,  [En ligne] <http://www.justice.gc.ca/fra/pr-rp/autre-other/clp/faq.html>
 [iv] Gouvernement du Québec. Orientation gouvernementales en matière d’agression sexuelle, Québec. 2001.
 [v] Donnini, Evelyne et Séguin-Savioz, Catherine. L’intervention individuelle post-traumatique 1 : évaluer, comprendre et traiter le trauma, Les formations de l’Hêtre.  
  [vi]Ministère de la sécurité publique. Infractions sexuelles au Québec : Faits saillants 2013, gouvernement du Québec. 2015.
  [vii]Institut national de santé publique du Québec. Trousse média sur les agressions sexuelles : Cadre légal. [En ligne] https://www.inspq.qc.ca/agression-sexuelle/loi/cadre-legal,
  [viii]Ministère de la Justice, gouvernement du Canada. L'âge de consentement aux activités sexuelles,  [En ligne] <http://www.justice.gc.ca/fra/pr-rp/autre-other/clp/faq.html
  [ix]CALACS des Laurentides. Mythes. 1997.
  [x]RQCALACS. Évolution de la loi relative aux agressions sexuelles.1994.
  [xi]Ministère de la sécurité publique. Infractions sexuelles au Québec : Faits saillants 2013, gouvernement du Québec. 2015.
  [xii]Ministère de la Santé et des Services sociaux et Régie de la Santé et des Services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Document de formation sur l’intervention psychosociale auprès des victimes d’agression sexuelle. Les agressions sexuelles STOP, 2003.